Lot n°0007

Impression parisienne du 16e s.- AURIGNY (Gilles d'), LE BLOND (Jehan), PATRICE (François), ÉRASME... ? Le Livre de Police humaine, contenant brieve description de plusieurs choses dignes de memoire. Extraict des grandz volumes de Francoys Patrice de Senes en Italie, evesque de Caiete, par maistre Gilles d'Aurigny, advocat en parlement : et traduict de Latin en Francois, par maistre Jehan le Blond. Ensemble un brief recueil du livre d'Erasme qu'il a composé de l'enseignement du prince Chrestien. Reveu et corrige depuis les derniers imprimez. Paris, Estienne Groulleau, 1549, in-16, [6]-274-[15] f., cart. du 19e (dos détaché, titre lég. souillé, 1er cahier renforcé, rares mouillures claires). Réédition sous un autre format de l'édition de 1546 de L'Angelier. Gilles d'Aurigny (mort en 1553) fut avocat au Parlement de Paris. Sa carrière a été émaillée de quelques publications juridiques, notamment des « Ordonnances des rois » de France. Sa vie est mal connue mais il est évident qu'il a embrassé les idées réformées. Cette édition réunit deux textes rédigés en latin par Gilles d'Aurigny d'après ceux de François Patrice et d'Érasme, traduits en français par Jehan Le Blond. Ces traductions méritent toutes les louanges. « Les traductions en français, réalisées par de véritables auteurs comme Amyot ou Le Blond, sont désormais considérées par les spécialistes comme des jalons remarquables de l'histoire de la littérature et de la pensée » nous dit le catalogue Berès de la vente du 20 juin 2006. Voir « Le Preambule du translateur du Livre de la police humaine de Jehan Le Blond (1546). Jehan Le Blond défenseur de la langue français » par Paola Cifarelli (https://journals.openedition.org/eve/626). L'INED consacre une longue étude à la mise au point de Gilles d'Aurigny sur les textes politiques de François Patrice (Francesco Patrizi de Senes en Italie, mort en 1494), l'un des premiers démographes des temps modernes. Considéré comme un précurseur de Machiavel, Patrizi dénonce cependant l'abus de pouvoir et choisit la république sur la royauté, précédant la « République » de Bodin de plus de trente ans. Il défend la liberté d'expression, soutient les « classes moyennes » contre la servitude et l'esclavage, et exprime des idées extrêmement progressistes pour l'époque, telles que le droit à l'avortement et à la contraception. Gilles d'Aurigny est cité par Philippe Ariès dans son article sur « Les Origines de la contraception en France » comme l'un des très rares témoins de l'existence des pratiques abortives et anti-conceptionnelles (Revue Population, 1953). Quant au texte d'Érasme, il fait partie des nombreux traités inspirés de l'« Institution du prince chrétien » d'Érasme (« Institutio Principis Christiani, saluberrimis referta praeceptis », 1515). Dans BP16 (Bibliographie des éditions parisiennes du 16e s.), seulement 5 exemplaires repérés.
Estimation: 200/300€