Lot n°0067

- [VOLTAIRE]. Questions sur l'Encyclopédie par des amateurs. Nouvelle édition, soigneusement revue, corrigée et augmentée. Sans lieu ni éditeur [Neuchâtel, Société typographique], 1771-1772, 9 vol. 8°, titre, 376 p. ; titre, 390 p. ; titre, 363-1 blanche p. ; titre-377-1 blanche p. ; titre-373-1 blanche p. ; 351-1 blanche p. ; titre, 364 p. (interversion de deux feuillets dans le dernier cahier) ; titre, 369-[5] p., et titre, 378 (commence à 5, comme la table) p., reliure uniforme en veau brun moucheté, dos à nerfs ornés, pièces de titre et de tomaison (qqs frottements, qqs coiffes arasées, qqs coins émoussés). Exemplaire en bonne condition de cette oeuvre rare à trouver. Édition publiée, non à Genève, comme l'a pensé Bengesco, mais à Neuchâtel par la Société typographique [cf. la lettre de la Société typographique de Neuchâtel à Voltaire, du 29 avril 1771, Best. n° 16128]. Les fautes indiquées dans les errata de la première édition ont été corrigées. Les deux dernières parties seules sont datées de 1772. La répartition des articles est la même que dans la première édition avec le « Supplément » et les « Lettres de Memmius à Cicéron ». Les « Questions sur l'Encyclopédie par des amateurs », une oeuvre de la vieillesse de Voltaire pour laquelle il paraissait « avoir quelque prédilection », restent largement méconnues, sans doute parce qu'elles ont été longtemps invisibles. Sous le titre général de « Dictionnaire philosophique », la première édition posthume de Voltaire, celle de Kehl, avait regroupé par ordre alphabétique tous ses articles ayant le même intitulé, quelles que fussent leur origine. Cette leçon, jusqu'à une date récente, a été suivie par tous les éditeurs. La première édition critique des « Questions », parue en sept tomes de 2007 à 2013, restitue la dernière version publiée par Voltaire. Après avoir accepté, en septembre 1769, de participer à un supplément de l'« Encyclopédie » que voulait lancer un magnat de la presse, Charles-Joseph Panckoucke, Voltaire se retire du projet et le 12 novembre 1769, sa nièce, Mme Denis, écrit à une amie qu'il « travaille quinze heures par jour » à « un dictionnaire de Belles-Lettres, histoire, poésie, physique, métaphysique », mais « il ne veut point qu'on sache ce qu'il fait ». Voltaire attend le 12 janvier 1770 pour lever le secret ; il annonce à d'Alembert, l'un des codirecteurs de l'« Encyclopédie » : « Il y a quelqu'un qui fait, dit-on, un petit supplément pour se réjouir » et, le 28 janvier, il s'explique : il va travailler « sur un autre plan qui ne conviendra pas peut-être à la gravité d'un Dictionnaire encyclopédique » ; il s'agit d'articles auxquels il s'amuse et qui sont ses « fantaisies », ce qui lui vaut cette réponse ironique de d'Alembert : « Vous faites donc l'Encyclopédie à vous tout seul ? » Cf. Christiane Mervaud, L'Encyclopédisme des « Questions sur l'Encyclopédie » de Voltaire
Estimation: 300/400€
Adjugé: 300€